Un peu d'histoire
d'une élève…de 1931 à 1938
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Pourquoi « Lycée d’en bas » , « Lycée d’en haut » ? Pourquoi « Le Splendid » ou « Mustapha Supérieur » ? Lycée Delacroix pour certaines ; Lycée d’en bas pour toutes. L’ établissement qu’une partie d’entre nous a fréquenté, avant d’être un Lycée public d’État, était un établissement privé connu sous le nom de « La Ligue de l’Enseignement » ou Collège de jeunes filles. Érigé en 1903 sur l’emplacement du Parc d’Isly, ce n’est qu’aux environs de 1930 qu’il devint Lycée public d’État. Il y avait une annexe à cette Ligue de l’enseignement . A Mustapha supérieur s’était construit avant la guerre de 1914, un hôtel de luxe destiné à recevoir les touristes étrangers : « Le Splendid ». L’expérience hôtelière ne s’étant pas poursuivie après la guerre, la destinée de l’ensemble fut changée et tournée vers l’enseignement. Il s’y ouvrit un jardin d’enfants et, une fois par semaine, les jeunes filles de la Ligue venaient y suivre les cours de gymnastique. Nous pensons que c’est vers l’époque où la Ligue devenait Lycée d’État, que le Splendid devint son annexe à part entière de la onzième à la terminale ;il comportait un externat et un internat. Pour tout le monde il était le Lycée d’en haut. Considéré comme le plus beau lycée de France, il jouissait d’une vue exceptionnelle sur la baie d’Alger et c’est dans les immenses jardins qui l’entouraient que se donnaient les fêtes traditionnelles de fin d’année des deux lycées. Les metteurs en scène de ces spectacles où les élèves devenaient comédiennes, chanteuses ou danseuses, étaient, dans les années 30-40, les professeurs d’éducation physique, Mesdames André et Louis, assistées souvent de quelques collègues de bonne volonté et, en particulier de Mesdames Barbé, puis Morel, professeurs de musique. Madame Hatinguais avait la direction des deux lycées, succédant à Mesdames Sans et Elichabe. Ce n’est que quelques années avant la guerre de 1939 que les deux lycées se séparèrent et devenaient DELACROIX et FROMENTIN, avec chacun leur Directrice, Mesdames Berrier et Toupine.
SOUVENIRS Delacroix……..Fromentin………. Les bâtiments de l’un et l’autre lycée, leur site, leur environnement étaient en contraste total, autant que le sont les sujets d’inspiration et les coloris des peintres qui leur ont donné leur nom. Difficile d’imaginer que le hasard seul ait joué un rôle dans ce double baptême. Pour les établissements comme pour les peintres concernés, d’un coté, la pureté des lignes, de l’autre l’orientalisme et sa lumière. Par les fenêtres du bâtiment néo-oriental de Fromentin, sur les hauteurs de Mustapha supérieur, la lumière entrait à flots. Des fenêtres regardant la mer, on pouvait, entre les troncs des pins et au dessus de leurs dômes, voir la baie et le port d’Alger. J’ai le souvenir personnel d’une classe de Math où, pour ce motif, je regardais plus particulièrement les quais et le miroitement de la Méditerranée que le tableau. A Delacroix, dans les salles du rez-de-chaussée toujours, dans celles du premier étage souvent, il fallait allumer l’électricité… Le spectacle que l’on pouvait apercevoir à travers les fenêtres avait peu d’intérêt et n’incitait guère à la distraction. Pour les « Fromentines » pendant la récréation, mais aussi pendant les cours de gym, la vaste esplanade crénelée et son panorama, les jardins, les arbres, l’air pur et… les urticantes chenilles processionnaires ! ! Pour celles d’en bas, une cour pavée si exiguë que le règlement y interdisait formellement de courir et de participer à des jeux de balles comme « fumé » ou « balle au camp », autorisés seulement après les repas de midi pour les demi pensionnaires. Élèves d’en haut ou d’en bas, c’est dans la joie cependant que nous vivions cinq ou six jours par semaine, nos 6 à 7 heures de cours quotidiennes. Nous étions heureuses de nous retrouver avec nos condisciples et nos professeurs, dans une ambiance de jeunesse insouciante et solidaire, malgré, pour quelques unes, la conscience plus ou moins aiguë d’une leçon mal apprise ou d’un devoir oublié .
Jeanne Polito-Barjou Fromentin 31-32 Delacroix 33-38 |